vendredi 6 mars 2026

Le bilan carbone de la F1 serait sous-évalué selon Greenly

Alors que la saison de F1 redémarre ce week-end à Melbourne, avec le GP d'Australie, le bilan carbone de la discipline fait l'objet d'articles dans la presse spécialisée. 

Et ils mettent en contradiction le bilan fourni par les organisateurs du championnat et un cabinet spécialisé.

Ainsi donc, dans son dernier rapport disponible, la F1 évaluait à 168 720 tonnes de CO2 son bilan carbone pour la saison 2024. Un bilan qui affiche une baisse de 26 % par rapport à 2018. 

Les sources sont : la logistique (transport du matériel) : 37% ; déplacements des équipes et du personnel : 36% ; les usines et installations : 14 % ; les opérations sur les circuits : 13% ; et enfin les monoplaces en piste : moins de 1%.

Mais selon Greenly, un cabinet spécialisé, le chiffre serait supérieur de 1,04 million de tonnes de CO2 par an, soit "un volume comparable aux émissions annuelles du Belize". 

Pourquoi une telle différence ?

Plus d'éléments à prendre en compte

En fait, le calcul de l'agence intègre les émissions indirectes.

En tenant compte des 6,15 millions de spectateurs, l’hébergement, la restauration, le merchandising et les diffusions, Greenly estime qu'il y a 875 767 t CO2e supplémentaires, dont les déplacements des spectateurs : (655 600 tCO2e) ; l'hébergement (122 326 tCO2e) ; la restauration (49 201 tCO2e) ; les consommations sur place (509 tCO2e). 

Le cabinet va jusqu'à compter le merchandising (20 049 tCO2e) et même les diffusions télévisées et streaming (28 081 tCO2e). 

L'analyse donnerait le même résultat si l'on essayait de calculer l'impact des 24 H du Mans ou d'un autre grand événement sportif (exemple : les JO de Paris 2024 que Greenly a aussi passé au crible). Ce sont les spectateurs qui génèrent des émissions.

Des efforts réels pour réduire l'impact

La filière des sports mécaniques a pourtant raison quand elle minimise son impact. Et même dans le cas de la Formule 1, qui vise la neutralité carbone en 2030, des efforts sont faits pour réduire l'empreinte carbone. Les avions utilisent des carburants durables (SAF) et les camions roulent au HVO 100 (un biocarburant durable). Quant aux monoplaces, il faut rappeler qu'elles sont hybrides et consomment beaucoup moins qu'avant, eu égard à une électrification plus poussée. Du reste, elles étrennent un carburant durable. 

"L’importance de cette évolution pourrait résider dans le développement et la démonstration de nouvelles technologies de carburants susceptibles d’être adoptées plus largement dans d’autres secteurs du transport", pointe Arnaud Delubac, co-fondateur de Greenly.

En France, les circuits essaient de promouvoir le covoiturage et l'emploi de transports en commun (c'est particulièrement vrai au Mans). Dans le cas de la F1, où les circuits sont généralement excentrés, l'alternative au transport en voiture dépend des pays. 

#sportauto #climat


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