mardi 13 octobre 2026

Rencontre au Mondial de l'Auto avec Théo Pourchaire, pilote Opel en Formule E

Hier au salon, j'ai pu échanger avec Théo Pourchaire. Ce jeune pilote, qui a brillé en Formule 3 et en Formule 2, rêve de F1. Et d'ailleurs, il est pilote de développement pour Mercedes. Il court par ailleurs pour Peugeot en WEC et pour Opel en Formule E. C'est sous cette casquette qu'il nous a accordé un entretien. 

D'abord Théo, quelques mots sur cette Génération 4 de Formule E, parce que vous avez déjà eu l'occasion de rouler avec ?

Les sensations, c'est incroyable ! C'est une voiture qui fait de 0 à 100 kmh en 1,8 s C'est une voiture qui décélère beaucoup plus que la génération précédente, qui a plus d'aéro, qui a des différentiels avant et arrière pilotés, et qui a une multitude de réglages quasiment infinis avec toute l'électronique sur la voiture.

C'est donc plus compliqué qu'une voiture du WEC, par exemple ? 

Oui, bien sûr. C'est plus compliqué, je pense, pour être dans la bonne fenêtre de réglages. En tout cas, il y en a plusieurs possibles, selon des styles de pilotage. Pour exploiter la voiture à 100 %, oui, c'est plus compliqué. Après, c'est beaucoup de plaisir quand même. Et puis, ça va beaucoup plus vite que la Génération 3, donc honnêtement, c'est top.

La monoplace, c'est quelque chose que vous connaissez bien, de toute façon...

Exactement. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je voulais faire de la Formule E, parce que c'est de la monoplace. La différence, c'est que je dois régler ma voiture avec mes ingénieurs, mes mécanos, et je dois ensuite tout donner sur la piste pour représenter mon équipe. C'est une autre façon de faire la course, mais j'adore ce type de monoplace.

Lors de cette saison 13, vous serez aux côtés de Mitch Evans, qui connaît bien la discipline. Il vous donne des conseils déjà, vous vous échangez avec lui ?  

Oui, bien sûr. Je pense que c'est vraiment une chance aussi d'être avec lui en coéquipier, parce que c'est le recordman pour les victoires en Formule E. Il n'a pas de titre encore, mais il a vraiment performé sur toutes les générations de monoplaces dans ce championnat. Et je pense qu'il va pouvoir m'apporter beaucoup. En tout cas, je pars du principe que c'est vraiment une personne sur laquelle je peux me caler. Il va vouloir m'aider, parce qu'il veut aussi que je sois performant et que je pousse l'équipe vers le haut. Je suis content d'être avec lui. 

Comme beaucoup de pilotes, vous avez commencé sur le thermique. Aujourd'hui, on a des voitures hybrides dans le WEC et en Formule 1, il y a aussi des voitures électriques. Finalement, ces nouvelles énergies prennent le pas dans les grandes compétitions.

Je pense que c'est une bonne chose, parce que quoi qu'il arrive, on connaît la problématique dans laquelle on est aujourd'hui. C'est important aussi d'évoluer. Le sport automobile a toujours été un moyen de faire avancer la technologie avant que le grand public puisse l'utiliser. Et il a fait avancer la sécurité, par exemple. Pour nous, maintenant, c'est une formalité de rouler avec un halo autour de la tête. On essaie de se protéger un maximum. Dans le domaine de l'écologie, on voit arriver sur la piste les moteurs électriques, l'hybride, ainsi que les carburants de synthèse. Tout cela est positif. Et puis, en tant que pilotes, on doit savoir doser la récupération d'énergie.

C'est ça aussi qui apporte le piment dans ce type de course...

Bien sûr. En Formule E, on est à fond pendant les qualifications. On n'est pas dans un esprit de récupération d'énergie, puisqu'on sait qu'on va faire peu de tours et qu'on veut juste faire la meilleure performance possible. Mais en course, c'est différent. Un E-Prix dure 45 minutes à peu près et on a aussi une réglementation avec la FIA qui est mise en place avant la course. On doit respecter des seuils de récupération d'énergie. Donc, il faut à la fois être le plus rapide possible, tout en récupérant le plus d'énergie possible. Et ce n'est pas si simple, car on doit gérer les dépassements, ainsi que les changements de conditions météo. Mais, c'est intéressant parce que c'est beaucoup de travail entre le pilote et les ingénieurs. Beaucoup plus que dans d'autres catégories. C'est un travail d'équipe.

La Formule E est pour le moment une compétition d'hommes, même si on voit de plus en plus de femmes qui sont pilotes de développement. Il y en a d'ailleurs une que vous connaissez, je crois, Doriane Pin... Vous êtes pour plus de mixité ?   

Bien sûr. Je pense que pour moi, ça a toujours été le cas dans ma tête. Le problème, c'est que la représentation est faible quand on débute dans le sport auto. Beaucoup de jeunes commencent par le karting, et c'est très souvent des garçons. Il y en a énormément, je dirais environ 100 garçons pour 3 filles. Et donc, c'est beaucoup plus compliqué de repérer une fille qui peut être aussi performante qu'un garçon. Mais je pense que le sport auto a évolué et que c'est bien.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire