A l'occasion du E-Prix de Monaco, j'ai fait la connaissance de Bruce Jouanny.
Pilote et animateur (il a co-animé la version française de Top Gear et collabore à l'émission Auto Moto sur TF1), c'est lui qui gérait les prises de parole en live dans l'hospitalité de Citroën.
Il est très accessible et on a pu échanger sur l'avenir du sport automobile, ainsi que sur la préparation de sa participation à la course de Pikes Peak.
D'abord, un rappel. Bruce Jouanny a participé deux fois aux 24 H du Mans, s'est aligné dans plusieurs courses en endurance et a fait aussi de la monoplace (F3, Formule Renault).
Ce que l'on sait moins, c'est qu'il est aussi impliqué dans les simulateurs de conduite, avec sa société RS Simulation à Monaco. Et à ce titre, il a travaillé virtuellement sur le développement de la première génération de Formule E. Et il a Stellantis Motorsport comme comme client pour son programme FE. Autant dire qu'il connaît bien cet univers. Et d'ailleurs, il m'a confié qu'il aura l'occasion de faire un test de la monoplace Gen4 cet été.
Quand je lui ai dit que je préparais un livre sur le sport auto face au défi climatique, il m'a donné sa vision du développement durable. Certes, il prend souvent l'avion. Mais, il essaie à titre perso de réduire son empreinte carbone. Il salue l'effort qui est fait par le sport auto, avec de gros progrès dans la logistique (en F1 et en Formule E), ainsi qu'en technologie.
Le pilote se réjouit notamment de l'arrivée des carburants de synthèse, en particulier dans le cadre du championnat WEC (qui utilise des déchets vinicoles). Il trouve ça "génial".
En juin, Bruce Jouanny prendra le départ de la course de côte de Pikes Peak. Il sera au volant d'une Ligier JS2 R engagée par l'équipe RD Limited (la structure de Romain Dumas, recordman de l'épreuve). Ce sera un premier repérage, avant de viser une perf en 2027. Brice Jouanny porte au passage l'initiative "Objectif 4302", visant à soutenir la recherche contre la BPCO, une maladie respiratoire majeure.
Et pour être raccord avec termes de positionnement RSE, la Ligier sera alimentée par du carburant de synthèse. "Ce n'était pas logique de cramer de l'essence pour des gens qui ont du mal à respirer. Donc, on va utiliser un carburant incorporant 70 % de biomasse. Et ça me plaît beaucoup", glisse-t-il.
Enfin, Bruce Jouanny se montre plus réservé sur l'électrique. Il estime que toutes les voitures se ressemblent désormais et n'ont plus de caractère, comme cela pouvait être le cas pour le thermique. "Plus de goût, plus d'odeur", déplore-t-il. Il ne croit pas trop au tout-électrique pour la mobilité.
Pour autant, il reconnaît que la Formule E a un rôle de laboratoire, avec des ingénieurs "brillantissimes" pour développer du software. C'est le spot par excellence de l'économie et de la regénération d'énergie.



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