Si l'on met de côté la guerre en Iran, qui a perturbé les vols en direction de l'Australie, et qui pourrait remettre en cause des Grand Prix dans le Golfe*, le petit monde de la F1 semble vivre difficilement l'évolution de la réglementation.
Il faut rappeler que la puissance électrique va être triplée, dans le cadre d’une architecture simplifiée. Elle sera délivrée par le seul dispositif MGU-K (Motor Generator Unit – Kinetic), dont la capacité passe de 120 kW à 350 kW (470 chevaux).
L’intérêt sera de récupérer deux fois plus d’énergie, lors du freinage (8,5 mégajoules par tour).
Dans les faits, la répartition se fera dans un schéma 50-50 entre le moteur thermique et le moteur électrique. Certains pilotes y sont opposés, à l'image de Max Verstappen, qui voit dans ces F1 des "Formule E sous stéroïdes").
Des avis divergents
J'avoue avoir été surpris, et pour ainsi dire déçu par les déclarations de Lewis Hamilton : "Les fans ne vont pas comprendre. Même la plupart des ingénieurs n’y parviennent pas". Le pilote Ferrari, qui est pourtant un militant de l'environnement, semble mal à l'aise avec l'idée de réapprendre à piloter. Car c'est ce qu'ont dû faire les pilotes passés par la Formule E.
Globalement d'ailleurs, les pilotes qui font de la FE et de l'endurance en Hypercar semblent mieux armés pour gérer l'énergie en course (et pas seulement l'essence et les pneus pour la F1).
Le champion du monde en titre, Lando Norris, se montre plus optimiste. S’il reconnaît que les voitures sont très différentes, le Britannique de McLaren affirme continuer à prendre du plaisir au volant et considère cette évolution comme un nouveau défi sportif. D'ailleurs, il chambre gentiment ses collègues, en expliquant que les pilotes mécontents peuvent toujours quitter la discipline.
Dans un monde qui change et qui s'électrifie, la Formule 1 se devait de s'adapter. Après tout, elle a bien introduit le KERS dès 2009 et a fini par passer à l'hybride en 2014. Mais il est vrai que les changements sont nombreux en 2026, avec également le carburant durable et une aérodynamique active.
Une électrification qui va dans le sens de l'histoire
Le patron de la F1, Stefano Domenicali, rappelle que chaque grande révolution réglementaire suscite toujours des résistances avant d’être acceptée. Selon lui, la discipline reine du sport auto reste fidèle à son ADN en mettant davantage l’accent sur l’énergie hybride et l’innovation technologique. Le dirigeant assure toutefois que des ajustements restent possibles à l'issue des premières courses.
A ce sujet, il semblerait que Honda soit par exemple loin des performances attendues, en raison de problèmes de batteries. On sera fixé dès vendredi avec les essais libres.
De son côté, la Formule E va étrenner des monoplaces de 4ème génération qui vont se rapprocher encore plus des F1 en termes de performance. Et le pilote Lucas di Grassi promet de développer une monoplace qui pourrait les battre aisément.
La F1 doit donc avancer et montrer qu'elle peut aussi se remettre en cause.
*Ceux de Bahrein et d'Arabie Saoudite ont lieu à la suite en avril
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