L'Automobile Club de l'Ouest continue de préparer l'arrivée de l'hydrogène aux 24 H du Mans et au sein du championnat WEC en vue de 2028. Et pour cela, il a déjà fait développer par GreenGT deux prototypes. Le troisième, en cours d'élaboration par H24 Project, a pour nom H24 EVO et a pour ambition de rivaliser en piste avec les meilleures GT3.
Mais, l'ACO a annoncé récemment la sortie du projet d'un partenaire qui est au coeur de la chaîne de traction hydrogène.
Après le retrait de Symbio du projet MissionH24, pour des raisons extra-sportives (une situation financière délicate suite à l’abandon par Stellantis – son principal client – de son programme hydrogène), on se demande qui pourrait prendre le relais de ce fabricant français auprès de l’Automobile Club de l’Ouest. Et peut-être aussi à terme, au sein du championnat Extreme H, où des piles Symbio ont été intégrées dans les buggys fournis par Spark Racing Technology.
Certes, il y a d’autres acteurs sur le marché. Un choix logique pourrait être celui de Toyota, qui a déjà une technologie de pile éprouvée. La branche Gazoo Racing est déjà partenaire de MissionH24 au niveau de l’aéro et du refroidissement. Toutefois, la pile de la Mirai n’a jamais été utilisée en compétition ni développée en ce sens. Un autre choix pourrait être celui d’EKPO. La société commune entre Opmobility et ElringKlinger, a le mérite d’avoir collaboré avec Forze Hydrogen Racing, une équipe d’étudiants de l’Université de Delft (Pays-Bas) qui planche sur une voiture de sport du type 24 H du Mans. Bosch développe également une pile à combustible, de même qu'AVL (qui travaille sur ce sujet avec Red Bull Technologies)
D’autres prétendants pourraient se faire connaître.
Il y en a déjà un qui sort de l’ombre : il s’agit d’inocel. L’entreprise, basée à Grenoble, et qui dispose d’une giga factory à Belfort, travaille officiellement sur les applications stationnaires et la mobilité lourde. On sait néanmoins qu’Inocel a une branche Advanced Technologies (ex-Geko), basée à Mougins, près de Cannes et qui travaille sur des démonstrateurs technologiques. C’est elle qui a par exemple planché sur le bateau à hautes performances Poséidon, qui a déjà fait l’objet de démonstrations à Monaco. Le moteur V8 Mercury d’un Tullio Abbate a été remplacée par deux piles développant 360 kW (490 ch). Grâce à 21 kg d’hydrogène, le bateau peut naviguer pendant 6 h et refaire le plein en seulement 10 mn.
C’est la même équipe qui prépare l’arrivée d’Inocel dans le sport automobile. Si les générateurs à hydrogène constituent déjà un premier stade pour approcher les paddocks, c’est en fait au niveau de la pile qu’un travail a été opéré. Inocel développe en effet une pile de 250 kW dont le temps de réponse est inférieur à 2 secondes (au lieu de 6 pour les produits actuels du marché), ce qui serait conforme aux attentes du sport auto. Le poids serait de 320 kg pour une densité de puissance de 0,78 kW/kg. Une application possible pourrait concerner les courses de véhicules « off-road », du type Baja ou rallye-raid. Inocel a étudié ce cas de figure avec Vaison Sport, un préparateur de châssis (qui devait initialement aider Mike Horn à faire le Dakar avec un buggy à hydrogène). Le véhicule de type T1 pourrait rouler pendant 200 km dans le sable (400 sur route), avec une puissance de 400 kW dont 250 provenant de la pile), avec de l’hydrogène gazeux (20 à 25 kg) ou liquide. La société propose également de fournir des piles aux équipes qui en feraient la demande, avec une assistance possible pour optimiser ses performances.
Du côté de Hopium, on sait que le projet initial de voiture de sport a été abandonné. Mais l'équipe a en revanche développé une pile performante et compacte. De plus, son équipe est constituée d'ingénieurs motivés par les challenges. On a déjà eu l'occasion d'en parler dans un précédent article.
MissionH24 pourrait faire des annonces dans le cadre du salon Hyvolution, le grand salon de la filière hydrogène, qui se tient fin janvier à Paris.

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